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Évaluation des compétences

Les organismes de réglementation de l’Ontario utilisent une vaste gamme d’outils afin de déterminer si les auteurs d’une demande sont qualifiés pour accéder aux 38 professions réglementées de la province. Les titres de compétences universitaires, l’expérience ou la pratique professionnelle et les compétences linguistiques font notamment partie des critères examinés par les organismes de réglementation.

De plus en plus d’organismes de réglementation ont également recours à des évaluations des compétences, qui sont des outils permettant de mesurer la capacité des auteurs d’une demande de mettre en pratique leurs compétences et leurs connaissances pour réaliser des tâches spécifiques en lien avec la profession. Il arrive que les auteurs d’une demande formés à l’étranger fassent l’objet d’une évaluation des compétences ou que cette méthode soit utilisée dans les cas où un auteur d’une demande n’est pas en mesure de fournir la preuve qu’il satisfait aux exigences normalisées, et ce, pour des motifs indépendants de sa volonté. En Ontario, 21 professions réglementées (dont 15 professions de la santé et 6 professions non liées à la santé) ont désormais recours à ces méthodes.

La plupart des outils d’évaluation des compétences ne permettent pas d’évaluer à la fois les compétences et les connaissances. À titre d’exemple, un examen écrit ne donne pas l’occasion à l’auteur d’une demande de démontrer ses compétences pratiques, tandis qu’une évaluation clinique révèle les compétences de l’auteur d’une demande mais ne permet pas de mesurer l’étendue de ses connaissances. Si la majorité des professions réglementées qui exigent une évaluation des compétences utilisent pour ce faire au moins deux outils, cinq professions n’en utilisent qu’un, ce qui, selon la documentation, ne constitue pas une pratique fiable pour évaluer les compétences.

Quels que soient les outils d’évaluation qu’ils choisissent, les organismes de réglementation doivent veiller à ce que leurs procédures d’évaluation des compétences soient transparentes, objectives, impartiales et équitables.

Quels sont les outils utilisés par les professions réglementées de l’Ontario pour l’évaluation des compétences?

Préoccupations liées aux évaluations des compétences

Désignation des compétences

Dix-huit des 21 organismes de réglementation ayant recours à des évaluations des compétences ont élaboré des profils ou des normes qui dressent la liste des compétences attendues pour débuter une carrière dans la profession. Il est important que les organismes de réglementation suivent un processus objectif et impartial pour désigner ces compétences, en veillant à ce que le protectionnisme, la demande sur le marché du travail ou d’autres facteurs externes n’influencent pas leurs choix.

Élaboration des outils

En plus de désigner les compétences qui sont à la base de l’évaluation, les organismes de réglementation doivent faire en sorte que tous les éléments de chaque outil d’évaluation soient appropriés, fiables et durables. Il faut garantir l’intégrité et l’uniformité des évaluations pour que tous les auteurs d’une demande soient traités de façon objective et équitable. En particulier, il peut s’avérer coûteux d’organiser et de tenir à jour des examens pratiques, si bien que les organismes de réglementation qui choisissent d’utiliser ces méthodes doivent s’assurer qu’ils seront en mesure de financer les programmes sur le long terme.

Critères objectifs

Quatorze des 21 organismes de réglementation ayant recours à des évaluations des compétences fournissent à leurs évaluateurs des critères objectifs permettant de déterminer si les auteurs d’une demande maîtrisent effectivement chaque compétence. Il est crucial d’établir des critères clairs, par exemple des indicateurs de rendement et des guides de notation, afin de garantir l’uniformité et l’impartialité des évaluations.

Possibilités d’appel

Tous les organismes de réglementation de l’Ontario ont mis en place des procédures de réexamen et/ou d’appel interne visant l’ensemble de leurs pratiques d’inscription. Toutefois, seules 11 professions indiquent clairement que les résultats des évaluations des compétences peuvent faire l’objet d’un appel. Dans les autres professions, il est impossible de faire appel des décisions, ou bien aucun renseignement sur les appels n’est mis à disposition. Les possibilités d’appel constituent un aspect essentiel des pratiques d’inscription équitables, et la fourniture de renseignements clairs sur les appels permet d’améliorer la transparence.

Formation des évaluateurs

Les résultats de la recherche semblent nettement indiquer que les évaluations des compétences doivent être réalisées par des évaluateurs ayant reçu une formation poussée, afin de veiller à ce que les décisions soient fiables, objectives et impartiales. Seules neuf des 21 professions ayant recours à des évaluations des compétences forment leurs évaluateurs, tandis que trois autres professions utilisent uniquement des examens écrits pour lesquels le processus de notation est informatisé. Dans les neuf professions restantes – qui utilisent un éventail d’outils d’évaluation incluant les ECOS et d’autres examens pratiques – les évaluateurs doivent également avoir suivi une formation solide.

Coût des évaluations des compétences

Comme l’éventail des outils d’évaluation utilisés par les professions est vaste, les coûts peuvent varier considérablement, ce qui pose des problèmes d’équité pour certains auteurs d’une demande. Le coût des ECOS et des évaluations cliniques est systématiquement supérieur à celui des examens écrits, des auto-évaluations ou des autres outils sur papier. Si le coût d’un examen écrit peut s’élever à 225 $, celui des examens pratiques, y compris des ECOS, peut atteindre 2 050 $. Le coût d’un examen comprenant une composante orale et une composante écrite peut dépasser 2 100 $. De plus, il peut arriver que les auteurs d’une demande doivent acquitter des frais pour plusieurs types d’évaluations. Des frais supplémentaires sont généralement facturés en cas de recorrection ou de reprise d’un examen, pour passer un examen à l’extérieur du Canada ou si l’auteur d’une demande ne réside pas au Canada.

Durée des évaluations des compétences

L’obligation de procéder à des évaluations des compétences peut allonger la durée du processus d’inscription pour les auteurs d’une demande. Une évaluation des compétences peut être réalisée aussi rapidement que d’autres types d’examens, mais le processus global peut prendre plusieurs mois, voire plusieurs années, si plusieurs évaluations sont requises. Les organismes de réglementation doivent veiller à ce que les délais ne dépassent pas une durée équitable afin de prendre en compte la situation de chaque auteur d’une demande.

Exigences linguistiques

Il arrive que les auteurs d’une demande formés à l’étranger fassent l’objet d’une évaluation dans une langue qui n’est pas leur langue maternelle. L’organisme de réglementation doit fournir des renseignements clairs sur le niveau de compétence linguistique requis pour réussir. Des résultats médiocres peuvent révéler des lacunes en termes d’aptitudes linguistiques au lieu d’indiquer que lescompétences visées par l’évaluation ne sont pas maîtrisées.

Exigences en matière de déplacement

Dans le cadre des évaluations nécessitant leur présence, les auteurs d’une demande vivant à l’extérieur de l’Ontario peuvent être amenés à obtenir des visas et à acquitter des frais de déplacement et d’hébergement, voire à prendre des dispositions particulières auprès de leur employeur et de leur famille. Ceci nécessite parfois d’investir beaucoup de temps et d’argent, ce qui peut constituer un fardeau injuste pour certains auteurs d’une demande.

Octobre 2012

Le Centre d’information canadien sur les diplômes internationaux définit l’évaluation de la compétence comme suit : « Processus de mesure des habiletés, des savoirs et des comportements acquis au cours d’études formelles ou non, par l’expérience pratique ou par d’autres moyens pour déterminer si la personne possède la compétence requise pour exercer un métier ou une profession (…) [,] pour établir la possibilité d’admission à un programme d’études (…) [ou] pour déterminer les besoins de formation ».


On parle également d’« évaluation axée sur les compétences », d’« évaluation des acquis » ou d’« évaluation et reconnaissance des acquis ».


Types d’outils d’évaluation des compétences

  • Examens écrits
  • Examens pratiques :
    • examens cliniques objectifs structurés (ECOS)
    • évaluations cliniques/examens pratiques
  • Auto-évaluations
  • Entrevues
  • Évaluations sur papier.