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Expériences des candidats

[ Video ]

Voir les vidéos des auteurs d'une demande parlant, en anglais, de leurs expériences personnelles dans le cadre du processus d'obtention d'un permis professionnel en Ontario.

Étude Visant Les Auteurs D'une Demande - Transcriptions

Wladimir Araujo

Ingénieur, Ottawa, (Ontario)

Mon nom est Wladimir Araujo. Je suis originaire du Brésil. Je travaille comme ingénieur en logiciels dans l'industrie des télécommunications à Ottawa, et je vis à Ottawa depuis environ 10 ans.

L'ingénierie est un domaine un peu bizarre, parce qu'on vous demande d'avoir une expérience professionnelle avant d'obtenir votre permis, ce qui ne pose pas de problème si vous obtenez votre diplôme au Canada, parce qu'il existe ce qu'ils appellent un programme de stages en ingénierie. Et grâce à ça, vous pouvez vous préparer au métier en travaillant sous la surveillance d'un autre ingénieur, jusqu'à ce que vous obteniez votre permis. Il y a donc un processus pour les diplômés au Canada. Mais si vous n'avez pas obtenu votre diplôme récemment, si vous venez d'un autre pays, vous ne pouvez pas bénéficier de ce système.

Dans ma profession, ce n'est toujours pas obligatoire d'avoir un permis, mais je me disais que ce serait mieux, parce que les réglementations changent et que mon métier peut toujours devenir une profession réglementée.

Si le permis est obligatoire pour exercer un métier, le processus d'obtention doit être plus rapide. Il faut comprendre que les personnes qui occupent déjà un emploi n'ont pas vraiment besoin d'obtenir un permis rapidement, ça peut attendre. Ce n'est pas un problème. Mais pour les gens qui en ont absolument besoin pour décrocher leur premier poste, le processus devrait être accéléré; leurs dossiers de demande devraient être traités en priorité, avec une rétroaction rapide pour qu'ils puissent poursuivre leurs carrières.

Je conseillerais à tous les immigrants de faire des recherches sur leurs conditions de pratique professionnelle, de se renseigner sur les organismes de réglementation et leurs exigences. Et, plus important encore, il faut qu'ils aient trouvé un emploi. Aujourd'hui, c'est la seule façon d'être admis, et si vous avez besoin d'un permis pour commencer à travailler, il faut envisager de s'installer ailleurs. Ne venez pas au Canada. C'est tout ce que j'ai à dire.

Le processus d'obtention d'un permis professionnel est très difficile. Même s'ils ont beaucoup, beaucoup d'années d'expérience dans leurs domaines de pratique, les candidats ne peuvent pas exercer. C'est très dégradant pour quelqu'un, par exemple un professeur de médecine à l'université, d'arriver ici et de ne même pas pouvoir travailler comme simple médecin de famille. Et c'est pareil pour les professions juridiques, ce qui d'ailleurs est le cas de ma femme. Au Brésil, elle était professeure de droit à l'université, et ici elle doit recommencer ses études de droit. C'est impossible, même pour les personnes qui ont déjà travaillé dans le domaine juridique, de passer un test pour obtenir leur permis. On peut dire que cette exigence n'est pas équitable.

Si c'était à refaire, je viendrais sans aucun doute au Canada. C'était une très bonne expérience pour moi. Mais si je devais poser la question à ma femme, la réponse serait radicalement différente.

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Erenia Hernandez Oliver

Enseignante, Ottawa ON

Eh bien, mon nom est Erenia Hernandez Oliver et je suis originaire de Cuba.

Tout le monde me disait que si j'avais le diplôme canadien, je pourrais trouver du travail. Alors je suis retournée en cours, et je suis devenue enseignante.

Septembre est arrivé. Je ne trouvais pas de travail. Alors j'ai contacté l'Ordre des enseignantes et des enseignants de l'Ontario, qui m'a expliqué que je suis considérée comme une enseignante formée à l'étranger parce que je n'ai pas fait mes études au Canada. J'ai donc commencé à parler avec eux. Je leur ai demandé, bien sûr, ce que je devais faire, ce qui manquait à mon dossier. Ils m'ont répondu que dans la mesure où mon précédent diplôme - qui était de toute façon suffisant pour une admission à l'université - n'était pas canadien, je devais leur prouver qu'il était valide au Canada afin qu'ils puissent traiter ma demande.

Je devais les appeler chaque semaine et leur demander où en était le processus, quels documents je devais encore leur envoyer. C'était avant que je rencontre l'avocat. Je tombais sur ce centre d'appels. J'imagine que c'était un centre d'appels parce qu'ils me disaient : « Nous ne sommes pas l'Ordre des enseignantes et des enseignants de l'Ontario, nous vous parlons en leur nom ». Un jour, ils m'ont dit : « Madame, vous avez déjà appelé cette semaine et il n'est pas question qu'on vous parle deux fois par semaine; vous ne pouvez nous appeler qu'une fois », ou quelque chose comme ça. Ils étaient désagréables avec moi. Pourquoi? Vraiment, pourquoi? Je pensais que je respectais les règles du jeu. Je pensais que je faisais ce qu'il fallait. J'essayais d'avoir une vie meilleure, alors pourquoi ça se passait comme ça?

Peut-être qu'à l'époque je me sentais mise à l'écart. Mais aujourd'hui je sais que je n'étais pas la seule. Peut-être que j'aurais été plus forte si j'avais su, à ce moment-là, qu'il y avait d'autres gens dans le même type de situation. Mais je n'en savais rien, vraiment rien.

Je dirais que je ne suis pas en mesure d'inciter les gens à émigrer au Canada. En ce qui me concerne, j'adore mon métier. Si c'était à refaire, je ne viendrais pas au Canada. A priori, je ne le ferais pas.

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Amy Jiang

Ingénieur stagiaire, Toronto, (Ontario)

Mon nom est Amy Jiang. Je suis ingénieure et j'ai émigré au Canada. J'ai quitté la Chine à l'âge de sept ans pour aller en Angleterre, puis je suis venue ici quand j'avais 14 ans. Depuis mon arrivée au Canada, j'ai vécu de belles expériences, tant scolaires que professionnelles. Je trouve que pour moi, parce que j'ai suivi une partie de mes études secondaires et universitaires ici, le processus d'obtention d'un permis a été plus facile, ce dont je suis trés contente. Je suis heureuse d'être arrivée à un plus jeune âge, car je pense que si j'avais été scolarisée ailleurs et que j'étais venue ici pour travailler, les choses auraient été plus difficiles. J'ai parlé à plusieurs de mes collégues. Ils m'ont conseillé de suivre un cours avant de passer l'examen, que j'ai réussi. Tout ce qui me reste à faire maintenant, c'est d'informer l'Ordre des ingénieurs de l'Ontario de mon expérience professionnelle, et puis je devrais obtenir mon permis assez facilement.

Mes parents ont fait leurs études en Chine, alors pour obtenir un permis ici, ils doivent prouver que leur diplôme est reconnu au Canada, c'est-à-dire qu'ils doivent fournir une description de tous les cours qu'ils ont suivis à l'université et la transmettre au conseil de l'ordre pour qu'il puisse l'étudier en détail et vérifier que tous les principes fondamentaux ont été abordés. À un moment, mon pére a essayé d'obtenir un permis, mais au final le processus était un peu trop coûteux et il s'est ravisé. Ma mére a dû quitter la profession. Je pense que mes parents seraient quand même venus au Canada. Ils auraient sûrement anticipé les choses avant de partir, préparé leurs documents et leurs descriptions de cours, pour pouvoir commencer le processus d'inscription dés leur arrivée et réussir peut-être à trouver d'autres débouchés professionnels.

Je pense qu'il faudrait commencer le processus d'inscription avant d'émigrer, se faire une idée de ce qui vous attend et peut-être s'occuper de la paperasse, parce qu'une fois ici, on n'a plus le temps. Souvent, on considére que ça n'en vaut pas la peine, alors que je pense justement le contraire.

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Stephen J Maddex

Avocat, Ottawa, (Ontario)

Mon nom est Steve Maddex. Je suis avocat. Je suis né au Canada, au Manitoba. Mon pére était militaire et on a pas mal bougé. J'ai vécu quelques temps en Nouvelle-Écosse, j'ai passé mon enfance à Saint-Louis, dans le Missouri, et j'ai fini mes études secondaires ici, à Ottawa. J'ai fait mon premier cycle à Victoria. J'ai obtenu mon diplôme de droit en Arkansas, puis j'ai exercé le droit à Houston, au Texas, pendant environ huit ans et demi.

Le processus qui m'a permis d'exercer le droit en Ontario a duré deux, peut-être trois ans au total. Au départ, il s'agit de déposer une demande d'accréditation auprés du CNEED, le Comité national sur les équivalences des diplômes de droit, pour qu'il vous donne, en gros, l'équivalence d'un diplôme de droit canadien. Autant que je me souvienne, le CNEDD n'a pas établi de critéres rationnels sur lesquels fonder ses choix, du moins c'est ce qu'il me semblait à cette époque, ça devait être en 2006. Tous les étudiants qui obtiennent un diplôme de droit à l'extérieur du Canada, n'importe où dans le monde, qu'il s'agisse de Canadiens qui vivent en Australie, aux États-Unis ou au Royaume-Uni, ou bien d'étrangers qui suivent des études dans leur pays d'origine, tous doivent passer par le CNEED. Et cet organisme ne semblait pas s'être fixé de critéres rationnels pour évaluer nos titres de compétences. Il n'y avait rien d'objectif là-dedans.

C'est pour ça qu'en tant que candidat, je n'avais aucun moyen d'évaluer le résultat potentiel de ma demande avant de la déposer. Et personne au sein du CNEED ne semblait avoir la moindre idée de la façon dont vos titres de compétences allaient être évalués. Alors, comment peut-on parler d'évaluation objective? Si vous preniez quelqu'un qui exerçait le droit depuis un long moment, comme c'était mon cas, quelqu'un qui avait déjà fini ses études de droit et qui avait obtenu d'excellents résultats, quelqu'un qui travaillait dans un cabinet important, quel était le lien rationnel entre les exigences du CNEED et celles du métier? Autant que je sache, il n'y en avait pas.

Vous ne pouvez pas discuter avec eux, ils ont un contrôle absolu, total, sur la façon dont vous gagnez votre vie. Je ne demandais pas de traitement de faveur, je voulais juste sentir que le processus était équitable et honnête. Et aprés tout, je suis né ici, et je ne dis pas que les gens qui ne sont pas nés ici devraient être traités différemment - ce n'est pas du tout ce que je veux dire - mais je pensais qu'on me ferait sentir que j'étais le bienvenu ici, qu'on souhaitait mon retour. Le plus frustrant pour moi, c'est que je n'ai pas du tout eu cette impression et que, bien au contraire, on ne voulait pas que je revienne.

Si vous dites que vous avez fait des études de droit au Royaume-Uni, en Australie ou quelque part en Afrique ou au Moyen-Orient, on vous répond que ce n'est pas la même chose, que ce n'est pas assez bien, ou que ça n'équivaut pas à un diplôme de droit canadien. Mais il faut des faits pour appuyer cette théorie, alors quels sont-ils?

Après ça, pour être autorisé à pratiquer, il faut déposer une demande auprès du barreau de la province où l'on souhaite exercer. Et là encore, les formalités administratives avec le Barreau du Haut-Canada ont été extrêmement frustrantes à gérer. Il ne devait rien à personne. Rien ne les incite à bien agir.

Là, ils ont fini par céder et m'accorder le permis. Il faut être conscient de ses droits et se préparer à les faire respecter.

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Mauricio Marin

Médecin, London, (Ontario)

Alors, mon nom est Mauricio Marin, et je viens de Colombie. Je suis arrivé il y a neuf ans et j'ai toujours habité à London. J'ai fait des études de médecine classiques en Colombie. Aprés ça, j'ai étudié la gestion de la santé pour devenir directeur d'hôpital ou d'un établissement hospitalier, ou quelque chose de ce genre. Mais en réalité, j'ai travaillé aux urgences. On peut dire que j'étais le directeur du service des urgences de l'hôpital où j'ai travaillé pendant environ neuf ans avant de venir au Canada.

Je n'ai pas de permis professionnel, et je ne peux donc pas travailler comme médecin agréé. Je dois toujours travailler sous la tutelle d'un médecin, et je me contente de faire des essais cliniques dans le domaine du diabéte. Je suis donc en quelque sorte l'adjoint de recherche de ce médecin.

Vous savez, je n'accuse pas un pays plutôt que l'autre, mais tout ça est dû à un manque de communication entre l'Amérique du Sud et l'Amérique du Nord, entre l'Europe et l'Amérique du Nord, entre l'Asie et l'Amérique du Nord. Quand nous nous réunirons autour d'une table pour parler, nous réaliserons que nous sommes pareils. Nous sommes tous des médecins. Chaque jour je parle à des patients canadiens qui viennent participer aux essais et qui me demandent quand je serai leur médecin de famille. Il y a tellement de gens qui attendent, je ne suis pas le seul. Il y a 2 000, 3 000, 4 000 médecins étrangers en Ontario. Alors, s'ils n'ont pas changé ça, vous pensez vraiment que je suis capable de le faire? Ou bien est-ce que je perds mon temps à essayer?

L'Ontario a la possibilité de profiter de ces médecins étrangers qui savent déjà ce qu'ils ont appris à l'école de médecine. Il y a juste deux choses à faire : un) laissez-les accéder à la profession, laissez-les travailler dans les hôpitaux, même en tant que bénévoles. Mais laissez-les montrer ce qu'ils savent; deux) expliquez-leur les quelques points qu'ils doivent modifier : les mentalités, les procédures à respecter, les lignes directrices. Ce sera beaucoup moins cher et beaucoup plus rapide de travailler avec eux à ces changements.

Nous avons les outils, nous avons les médecins, nous connaissons une pénurie, nous devons doter ces postes. Travaillons ensemble, accélérons le processus et permettons à ces médecins d'exercer dans leurs domaines.

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Frederick Mawalla

Ingénieur, Mississauga, (Ontario)

Mon nom est Frederick Mawalla. Je suis ingénieur satellite. Je suis né en Tanzanie, dans la région du Kilimandjaro. J'ai fait mes études aux États-Unis, au Canada et aussi en Tanzanie. J'ai obtenu ma maîtrise en électrotechnique à l'Université A&M du Texas, aux États-Unis, et mon diplôme en technologie de l'information au Collége Everest, au Canada. En Tanzanie, j'ai obtenu l'équivalent d'un baccalauréat en génie électronique et des télécommunications dans une école polytechnique.

À l'heure actuelle je n'ai pas de poste dans ma profession, mais je travaille à temps partiel chez Home Depot comme associé aux ventes. Je fais ce travail depuis novembre 2006, toujours à temps partiel. Mais c'est trés difficile. J'ai une famille, des fils et des filles. Certains vont à l'université. Je vis comme un mendiant. J'ai des prêts à payer; j'ai un emprunt d'État à rembourser pour mes études au Canada. Je n'arrête pas de demander des aides, comme quelqu'un qui n'aurait aucun diplôme. C'est trés frustrant. Ma femme fait trois métiers pour soutenir la famille et payer le loyer - c'est elle qui paie toutes les factures. Ma fille comprend la situation, elle ne demande pas d'argent de poche. Mes enfants n'ont aucune allocation, l'école m'aide et ils comprennent ce qui se passe. Ils ne demandent rien que nous n'avons pas.

Le processus d'agrément, de certification au Canada, n'est pas simple. En plus, ce n'est pas le même pour tout le monde. Maintenant, ils me demandent de leur décrire mon expérience en tant qu'ingénieur. Ce que j'ai fait pendant mes 13 années de travail comme ingénieur, c'est énorme, ça tient sur des pages et des pages : c'est tout simplement impossible de résumer 13 années de travail comme ingénieur en un paragraphe au-dessus du CV.

Je suis fier d'une chose. Le processus d'agrément au Canada n'est pas statique, mais dynamique. Il permet une certaine souplesse - c'est peut-être pour ça que je suis ici - et tout processus souple est un bon, un excellent processus. Je dirais que la chose à améliorer, ce serait de nommer une personne précise, un professionnel capable d'évaluer un candidat et qui pourrait travailler individuellement avec lui pour qu'il obtienne son agrément.

La commissaire à l'équité de l'Ontario a fait quelque chose de vraiment bien. C'est la preuve que ce systéme est dynamique, comme je le disais. Il offre des possibilités de changement. Et c'est l'occasion pour nous de veiller à ce que le Bureau puisse identifier les failles du systéme et qu'il les colmate, et je suis fier de participer à ce processus.

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Michael Pinnock

Comptable agréé, Aurora, (Ontario)

Eh bien, mon nom est Michael George Gordon Pinnock, et je suis comptable agréé. J'ai aussi le titre de CPA, ou Certified Public Accountant, aux États-Unis. En ce moment, je travaille à plein temps comme conseiller budgétaire pour la région de York, et j'exerce également chez moi à temps partiel.

En soi, mon expérience n'était pas mauvaise. Je vois l'Institut des comptables agréés de l'Ontario comme une excellente base, qui décrit trés bien la marche à suivre pour commencer l'inscription, ainsi que le processus en lui-même et son résultat final. Il propose un magnifique site Web qui dresse la liste de tous les détails pratiques - qu'est-ce qu'une formation initiale obligatoire si vous n'en avez pas, comment l'obtenir, quels sont les instituts avec lesquels ils ont établi des accords de réciprocité, quels sont les délais, quels sont les programmes d'études nécessaires pour se préparer - et tout ça est vraiment super. Alors c'est ce que j'ai fait. J'ai suivi le processus. Mais ce que j'ai découvert, pourtant, c'est que pour obtenir un permis il y a trois critéres à respecter absolument, comme une norme internationale. D'abord, il faut obtenir les crédits universitaires de base correspondant à un second diplôme, soit environ 120 crédits. Ensuite, il faut passer un examen professionnel comme l'EFU ou le CP. Enfin, il faut avoir une expérience pratique dans un cabinet de CA ou de CPA, qui s'éléve à 30 mois - 30 mois à trois ans - dans la plupart des pays.

Ce que je ne savais pas à l'époque, c'est qu'en fait le comité qui se réunit pour statuer sur ces demandes peut parfois avoir des interprétations trés personnelles. J'ai reçu une lettre précisant qu'ils avaient connu des difficultés, mais je ne sais pas lesquelles. Ma demande devait passer devant un comité de direction. J'étais tellement furieux, ils me donnaient je crois 90 jours pour répondre. Et pendant les deux premiéres semaines, je n'ai rien fait parce que j'étais vraiment, vraiment furieux. Puis je me suis calmé et j'ai eu besoin des deux semaines restantes - non, c'était trois mois, donc des deux mois et demi restants - pour rédiger ma réponse, parce que je ne voulais pas l'écrire sous le coup de la colére. Je voulais en rester aux faits. Je voulais que le propos soit clair, simple et direct parce que tout ça m'exaspérait. Finalement, mon dossier est passé en comité d'appel, qui a changé d'avis. Le bon sens l'a emporté, et j'ai été accepté comme membre.

L'Ontario manque de comptables agréés. Pourquoi se passer des services d'un comptable professionnel sous le simple prétexte qu'il doit être originaire de Jamaïque et que c'est un petit pays? Comme je l'ai dit, j'estime qu'il ne s'agit que d'un parti pris des grands pays contre les petits.

Si vous voulez que les étrangers viennent au Canada pour se reconvertir, dites-le leur. Si quelqu'un m'avait dit : « Mike, si tu viens au Canada avec ton permis de CA, il faut que tu pratiques pendant deux ans avant d'obtenir ta certification professionnelle », alors d'accord. Je l'aurais fait. Mais ne nous dites pas : « La procédure est claire. Vous avez les titres de compétences, vous réussissez les examens, vous avez l'expérience requise, voici votre permis » si c'est pour ajouter, lorsque nous arrivons sur place : « Il faut que nous vérifions telle chose, il y a quelque chose qui cloche là-dedans, vous ne pouvez pas franchir toutes ces étapes aussi facilement ».

Je suis content d'être venu au Canada parce que je l'ai fait avant tout pour mes enfants, et ils ont bien réussi. Le systéme a fonctionné pour eux. De mon côté, je voulais améliorer mes compétences une fois sur place. Malgré quelques soubresauts, je faisais confiance à l'Institut et je savais que le bon sens finirait par l'emporter. Et je referais tout à l'identique, je recommencerais tout. Je n'ai aucun regret en la matiére.

Tangu Sichilima

Médecin, London, (Ontario)

Mon nom est Tangu Sichilima. Je suis résidente en pédiatrie et je viens de Zambie. J'ai fait mes études en Angleterre, à l'Université de Manchester. J'ai vécu en Angleterre depuis environ mes 16 ans. J'ai fait mes études élémentaires en Afrique, puis j'ai émigré en Angleterre quand j'étais adolescente. Je vis au Canada depuis presque six ans maintenant. Je suis mariée et j'ai une fille qui aura bientôt huit mois. Eh bien, en ce moment, j'en suis à la quatriéme et derniére année du programme de résidence en pédiatrie, c'est-à-dire que je me spécialise dans ce domaine et qu'une fois que j'aurai réussi mes examens cet été, je devrais avoir toutes les qualifications requises pour exercer comme pédiatre.

Obtenir un permis m'a pris pas mal de temps. Je pense que le processus a bien fonctionné pour moi, mais que c'était assez difficile à supporter nerveusement à cause du temps nécessaire et des ressources engagées. J'ajouterais aussi que ce n'était pas simple de trouver des renseignements sur le processus. J'ai dû faire des recherches, et heureusement que mon mari est arrivé au Canada avant que je commence. Il m'a beaucoup aidé à trouver les renseignements sur les premiéres étapes du processus. Je pense que le fait de devoir interagir avec différents organismes de réglementation a rendu tout ça un peu confus. J'aurais apprécié de pouvoir utiliser une seule source d'information ou m'adresser à un interlocuteur unique pour tout régler. Je dirais donc que le plus difficile pour moi était de comprendre le fonctionnement du processus dans son ensemble et de trouver le bon interlocuteur à chaque étape.

Je pense aussi que ça nous aiderait beaucoup de pouvoir commencer le processus avant de venir au Canada, parce qu'une fois arrivé, on passe beaucoup de temps à attendre. Je pense que si j'avais pu, peut-être, passer certains examens avant d'arriver, ou m'occuper de certains papiers avant même de partir, le processus aurait pu se dérouler de façon un peu plus harmonieuse.

Je pense que l'endroit d'où l'on vient a aussi son importance. Je dirais, aprés avoir parlé à d'autres personnes, que si j'avais fait mes études, disons, en Zambie plutôt qu'en Angleterre, le processus n'aurait pas été exactement le même. Je ne sais pas si j'aurais eu autant de points ou de crédits si j'étais arrivée de Zambie plutôt que d'Angleterre.

Quand j'en aurai fini avec tout ça, ce sera un grand soulagement. Le processus a été long.

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Suresh Udupi

Ingénieur, Pickering, (Ontario)

Je m'appelle Suresh Udupi. Avant, je travaillais pour General Motors du Canada, mais maintenant je suis dans un processus de transition. J'ai fait mon premier cycle en Inde. Je suis venu au Canada pour faire ma maîtrise en génie mécanique à l'Université de la Colombie-Britannique. En ce moment, je suis en plein processus de certification. J'étais déjà admissible à un permis bien avant ça, mais quand je travaillais pour General Motors du Canada, je n'en avais pas besoin. J'ai donc commencé le processus de certification aprés mon licenciement.

Le processus de certification est assez simple. Il suit des étapes logiques et séquentielles. La durée peut être assez longue, jusqu'à un an voire plus, selon vos antécédents, vos études et le lieu où vous les avez faites. Je ne suis pas admissible à passer l'examen, et je ne suis admissible à rien avant de l'avoir passé. C'est une étape supplémentaire du processus.

Mon conseil aux autres professionnels serait de commencer le processus de certification dés que possible. Il peut y avoir des obstacles à franchir, comme par exemple suivre des cours pour obtenir la certification, ce qui rallonge la durée du processus. Il vaut donc mieux contacter l'ordre dés que possible pour savoir ce qui doit être amélioré ou ce qui est satisfaisant, et pour obtenir des réponses claires à toutes les questions avant de commencer le processus de demande.

J'aime vivre et travailler au Canada. C'est un super pays. Le Canada offre d'excellentes possibilités aux personnes qualifiées pour atteindre leurs objectifs de carriére. Il établit des normes pour les professionnels qui commencent à exercer leur métier en veillant à répondre aux questions de sécurité publique et aux autres préoccupations. Mais une fois que vous avez terminé ce processus, les possibilités sont infinies.

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Innocent Watat

Ingénieur, Mississauga, (Ontario)

Mon nom est trés long, mais en général on m'appelle Innocent Watat. Je suis originaire du Cameroun, un pays d'Afrique centrale, et je suis ingénieur informatique. J'ai commencé ma carriére professionnelle en travaillant pendant environ six ans pour Soft-Tech International, une compagnie établie à Washington, et j'ai voyagé dans le monde entier. Puis je suis venu au Canada pour deux missions à Vancouver, notamment pour le compte d'une compagnie de la ville appelée Prologic, et aprés ce long séjour à Vancouver, j'ai décidé de m'installer au Canada, à Toronto. En fait, je suis titulaire d'une maîtrise en génie informatique. J'ai une fille, je ne suis pas encore marié mais je prévois de le faire bientôt. Je travaille comme ingénieur principal de recherche pour une grande banque canadienne. Avant ça, j'ai travaillé comme ingénieur pour une entreprise de télécommunications importante au Canada. Cela fait un peu plus de 10 ans maintenant que je vis au Canada, depuis le 1er septembre 1999 pour être exact. J'ai d'abord sollicité un conseil, puis j'ai obtenu un poste que j'ai occupé pendant deux ans avant de décider de faire une demande de permis. J'ai trés vite réalisé que l'Ordre des ingénieurs de l'Ontario ne nous appréciait pas trop, nous autres ingénieurs informatiques. J'ai rempli les documents nécessaires, puis ils m'ont dit que pour faire avancer le processus je devais passer une entrevue, ce qui me semblait logique. Mais les intervieweurs ne travaillaient pas dans mon domaine. Il y avait des ingénieurs électriciens et d'autres professionnels, et nous parlions deux langages différents. Quand je leur parlais d'informatique, ils l'abordaient sous un autre angle. Ça ne s'est donc pas trés bien passé. Et pour être honnête, j'ai mis tout ça en attente et je ne veux même pas y penser, parce que j'ai trés vite réalisé qu'il n'y a vraiment pas besoin de ce permis pour travailler comme ingénieur informatique. Je travaille depuis 10 ans et je n'ai pas besoin de ce permis : on ne me l'a jamais exigé, et je me demande même pourquoi je me suis donné tant de mal pour l'obtenir.

Si c'était à refaire, je ne perdrais certainement pas mon temps à essayer de devenir membre d'une organisation avec des frais annuels d'adhésion alors que le titre d'ingénieur informatique n'a aucune valeur réelle. C'est ce que je compte faire désormais : ne plus perdre mon temps, d'aucune façon.

Mon conseil aux nouveaux arrivants au Canada est de faire ce qu'il faut pour obtenir les bons renseignements avant de partir. Si c'était à refaire, je viendrais quand même au Canada, parce que j'aime les habitants de ce pays, j'aime sa politique, j'aime la neige - beaucoup de gens auront du mal à le croire, mais j'aime le froid - oui, j'aime ce pays et j'aime ses habitants.

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Les opinions exprimées par les candidats dans ces vidéos ne représentent que leur point de vue. Le Bureau du commissaire à l'équité n'est pas responsable de l'exactitude de leurs déclarations et ne la garantit pas.